[HAPPY STORY] #21 - La police de la pensée

[HAPPY STORY] #21 - La police de la pensée

13-08-2019

Pour nous suivre :

La série [HAPPY STORY] se déroule en Nouvelle-calédonie, en Polynesie Française, en France, en Europe et sûrement dans d'autres lieux que Nina, Josh et Hiro ne connaissent pas encore :-). 

Au travers d' histoires que j'espère inspirantes, j'aborde d'une manière ludique des sujets qui gravitent autour du développement personnel. Sur le chemin de la joie et du bonheur depuis presque 50 ans, je souhaite partager ce parcours initiatique non sans embûche, illusions ou découragement mais tellement gratifiant et appaisant lorsque des moments de sérénité, de paix et surtout d'amour sonnent à notre porte...intérieure. Les accueillir tout simplement. Accepter aussi ces moments d'angoisse, de doutes, de noirceur. C'est l'autre face de la pièce. L'un ne va pas sans l'autre. Heureusement, la lumière est plus forte que l'obscurité. Si, si, promis ! :-) 

Bonne lecture et vivement le roman ! :-)



"Lorsqu’ils traverseront à pied la méditerranée grâce à leurs ancêtres entassés, il sera trop tard pour les remords…"


- Combien de fois vais-je devoir vous le répéter ?

- Ici, c’est moi qui pose les questions, chère Madame. 

- Cher Monsieur, vous aurez beau me le demander autant que vous voulez, je vous répondrai systématiquement la même chose.

- Si vous passez la nuit en garde à vue, vous changerez peut-être d’avis. Votre comportement peut vous envoyer pour plusieurs mois en prison. Alors, je recommence madame, pourquoi avez-vous volontairement opté pour une déconnexion totale alors que vous savez que c’est une question de sécurité? Voulez-vous faire partie du fichier S ?

- Une nuit en garde à vue, des mois de prison, le fichier S, vous plaisantez j’espère ! Pour la énième fois, je ne mets en aucune manière la sécurité de mon quartier, et encore moins de la nation, en péril ! Vous le savez très bien sinon je serai déjà en prison avec vos méthodes expéditives. Je contrôle mes pensées sans avoir recours à un casque ou à quoique que ce soit d’autre. Que je sache, c’est encore légal ?

- Calmez-vous Madame…[cherchant son nom dans ses papiers d’identité]

- Appelez-moi Nina, ce sera plus simple

- Madame Nina…

- Nina tout court svp

- Nina tout court, arrêtez de m’interrompre svp. Je vous le confirme. Pour le moment. Vous faîtes partie d’une minorité. Seulement 5% de la population mondiale n’est pas (encore) équipée de casques, d’oreillettes ou d’accès au cloud. Pour la plupart, c’est un problème technique qui retarde leur connexion. Dans votre cas, c’est de votre fait. C’est comme si à l’apogée du téléphone portable dans les années 2000, vous aviez décidé de ne pas en avoir. 

- Je comprends le confort que cela procure d’en porter un. Je me trompe peut-être mais j’estime encore avoir le choix. Je sais que ça va vous surprendre mais vous savez que j’ai connu un monde dans lequel le téléphone portable n’existait pas…et tout se passait pour le mieux.

- J’ai du mal à imaginer. Pour nous, le téléphone portable, Internet, les Casques « I think » de chez Apple par exemple font partie de notre quotidien. D’autant plus dans la police. Ils nous ont évité tellement de drames.


Nina dormait à poings fermés lorsque la police avait tambouriné à sa porte. Elle rêvait de son homme. il lui faisait l’amour. Depuis le temps qu’ils pavanaient ensemble. Ils se connaissaient si bien. Bien loin de la routine, l’automatisme de leurs gestes leur permettait de se concentrer sur plus de douceur et d’attention. Pourquoi ce foutu cancer l’avait-il emporté si vite ? Elle qui depuis toute petite portait une blessure d’abandon (la mort de ses ses parents dans l’accident de voiture) se retrouvait à nouveau seule.


D’habitude, elle avait le sommeil léger. Il faut que dire que la pratique des rituels le soir avant de s’endormir était très efficace. D’ailleurs, elle n’en revenait toujours pas. Comment de simples phrases adressées à son double (imaginaire?) pouvaient-elles provoquer de si bon résultats ? Elle pratiquait aussi régulièrement la méditation pleine conscience, du Yoga et la course à pied mais tout de même. Lorsqu’elle avait ses insomnies il y a peu, elle pratiquait déjà ces activités. 


Les coups sur sa porte en bois s’intensifiaient et duraient depuis de longues minutes maintenant. Encore dans les vapes, hésitante, elle s’était levée péniblement, pieds nus, la fraicheur du carrelage la faisait frissonner et sautiller. La soixantaine bien tassée, Nina état svelte et sexy dans sa chemisette de nuit. En se cognant à la table du salon (toujours au mauvais endroit cette satanée table pensa-t-elle), à cloche pied, elle atteint péniblement l’entrée pour venir ouvrir. Sûrement ce foutu voisin qui devait s’impatientait et tambourinait de plus bel. Richard avait le chic de venir systématiquement au mauvais moment. Il insisté lourdement le temps que Nina daigne l’accueillir. Il devait soi-disant encore avoir besoin d’une ampoule ou d’un tournevis. Même si elle savait que ce fraichement séparé devait avoir une idée derrière la tête, elle le trouvait ridicule avec son casque vissé sur la tête en permanence. Il ne pouvait pas se les acheter une bonne fois pour toutes ! se dit-elle en ouvrant la porte.


« Police ! Police ! » Un groupe de golgotes casqués et armés du fusil à laser se précipitèrent à l’intérieur de sa maison. Ils inspectèrent et fouillèrent chaque pièce sans aucune précaution.  Que pouvaient-ils bien chercher ? Il n’y avait rien à trouver mais  cette brigade d’intervention se comportait comme si elle était une terroriste. A son âge ! 


Elle se savait surveillée. Elle savait qu’elle était en marge. Mais en arriver là, si rapidement alors qu’elle n’avait commis aucune erreur. Ses pensées étaient sous contrôle. Un voisin avait-il fait du zèle et l’avait dénoncée ? A quel propos ?


Depuis l’arrivée de l’extrême droite au pouvoir en 2022, certains parler d’Etat Policier suite aux lois qui avaient imposées grâce au 49-3.  Marion Maréchal Le Pen répondait sécurité, France aux Français, contrôle des frontières nationales. Lors de sa réélection, confiante (Trump avait montré le chemin aux US), elle avait promis qu’elle construirait un mur dans les zones gruyères de la frontière nationale. Cela avait fait beaucoup rire ses opposants dans l’entre deux tours mais elle avait été réélue et haut la main. Cela n’avait évidemment rien changé du point de vue économique. Le progrès technologique était trop puissant et trop rapide même si certains politiques tentaient de résister. Au quotidien, c’était de plus en plus pesant surtout pour les "anciens" comme Nina qui avait connu une époque dorée dans ses jeunes années. Puis l’arrivée du chômage, puis de chômage de masse du fait du remplacement progressif de la main d’oeuvre par les robots. Puis des cadres, par les algorithmes et l’intelligence artificielle. Cela avait commencé par la blockchain qui avait supprimé bon nombre d’intermédiaires qui en avaient bien profité pendant des années mais le choc était violent. Puis les métiers spécialisés à outrance.


La Police n’avait rien trouvé de compromettant mais souhaitait tout de même l’interroger.

- Vous avez ma déposition. Je peux y aller maintenant ?

- Lorsque vous serez à nouveau connectée et, par conséquent, reliée à notre ordinateur central, ce genre de situations sera de l’histoire ancienne. Les dernières générations d’oreillettes par exemple sont équipées d’algorithmes et de processeurs ultra puissants et rapides. Cela nous facilite la tâche. Vous vous rendez compte que nous pouvons anticiper un passage à l’acte. Vous seriez bien mieux protégée aussi.

- Je n’ai pas grand chose à voler vous savez et je n’ai pas peur de mourir.

- Je vous en prie Nina…En plus, d’ici peu, pour les derniers réfractaires, la connection sera obligatoire.

- Vous souvenez vous de l’atmosphère électrique qui a précédé la création des premiers casques « I think" de chez Apple ?

- Pas vraiment…

- C’est bien ça le problème. Moi, je m’en souviens très bien. Une lueur d’espoir incroyable s’était propagée à la vitesse de la lumière dans le monde entier. Nous pouvions aider tellement de personnes à se loger, se nourrir, avoir accès à l’eau uniquement grâce à la pensée…et puis subitement, on nous a expliqué que les casques allaient nous aider à mieux contrôler tout ça…et les espoirs ont disparu. Vous ne trouvez pas ça étrange ?

- Par ce langage subversif, vous vous attirez des problèmes. Comme vous le savez, la Constitution a été modifiée pour permettre cette surveillance comme vous dîtes. Pour notre bien et notre sécurité. Vous vous rappelez, il y avait eu des accidents incroyables et de nombreuses victimes car des personnes se prenaient pour des apprentis sorciers !

- Je m’en souviens très bien. Par conséquent, ce sont encore les mêmes qui meurent en Afrique. On parle de millions de personnes. Cela fait tellement longtemps que ça dure. Quand j’étais gamine, ils étaient des milliers à mourir chaque été refoulés par l’Europe. Maintenant, ils sont des centaines de milliers. Un jour, ils vont traverser à pied, sur les corps entassés de leurs ainés ! Nous votons pour que des gouvernements construisent des murs et, en attendant, nous nous barricadons car nous avons peur que des migrants rentrent chez nous. S’ils avaient de quoi nourrir leur famille, ils resteraient dans leur pays d’origine. Le plus pitoyable, c’est que nous pourrions faire en sorte qu’ils développent leur pays. 

- J’entends ce que vous dites madame

- Je ne crois pas

Nina savait qu’elle était allée trop loin avec ce policier. Mais de vivre dans un monde où les obèses sont toujours plus nombreux que les personnes qui meurent de faim lui était devenu insupportable. Surtout lorsqu’on pouvait faire apparaître de la nourriture gratuitement ! 

Heureusement que ce n’était pas un vieux limier car sinon elle serait déjà en train de faire une autre déposition. Ouf ! Nina quitte le commissariat sans se retourner, la tête haute. Elle sent bien que sa dernière tirade va provoquer une surveillance encore plus étroite. Elle doit être extrêmement prudente et ne pas tarder à agir avant qu'elle n'en soit plus capable.


NB : Pour celles et ceux qui douteraient de la puissance des algorithmes et des bouleversements à venir pour lesquels les prémices sont déjà actifs dans le monde, hormis le visionnaire 1984 de George Orwell, vous trouverez une analyse et projection qui peut faire froid dans le dos dans « Homo Deus - Une brève histoire du futur »,  le livre best seller de Yuval Noah Harari (après « Homo Sapiens »). Egalement un reportage fascinant sur Netflix "The Great Hack" qui confirme que pour les dernières élections Américaines, les données personnelles des Américains ont été utilisées grâce notamment à Facebook et Youtube pour influencer les indécis. Le référendum pour le Brexit ayant servi de test pour la société impliquée : Cambridge Analytica.




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